• Chap 2

    Mais l'histoire commença à tourner au vinaigre quand mon imagination voulut mêler au récit un peu de ce romantisme qui m'écoeurait. " Il prit amoureusement sa main ". Rhhha, beurk ! Mais comment puis-je avoir de pareilles idées ?! C'était bon pour les nunuches qui attendaient toujours leur prince charmant ! Je préférais me réveiller plutôt que de subir un passage de ce genre. Pouf ! Envolé le bien-être de rêver à une histoire et à inventer la suite ! Mais d'où tenais-je cette horrible goût pour les histoires d'amour ? Mon inconscient aurait il une réserve de romantisme ? Impossible ! Mais je me réveillais tout de même, et le ronron du moteur ne parvint pas à me faire rendormir, tellement la peur de faire à nouveau ce cauchemard me tenaillais. Je voulus sortir un livre de mon sac, mais l'idée d'avoir pris un roman à l'eau de rose me retournait l'estomac. Je me résolus à regarder encore et encore les poteaux électriques défiler le long de la route. Je luttais contre le sommeil et contre l'envie de compter les poteaux, ce que je faisait à chaque fois, et je ne pouvais pas m'empêcher, dans ces cas là, de compter à voix haute. Puis, nous dûmes nous arrêter pour reprendre de l'essence. Je demandais à ma mère si je pouvais avoir un paquet de ces boules de gomme à l'eucalyptus, dont je raffolais. Elle acquiesca. Je choisis le plus gros paquet, qui avait une réduction de vingt pourcents et le tendais à la caissière. Elle passa le code barre et ma mère paya. J'ouvris hâtivement le paquet et pris une boule de gomme. Mhhh, que c'était bon, et ça me remontait le moral, après cet horrible cauchemard. Quand mes frères et soeurs virent l'énorme paquet que je rapportais, il y eut un boucan pas possible dans l'habitacle :

    - Oh, tu m'en passe s'il te plaît ! (mon frangin)

    - Grande soeur va grossir... (ma petite soeur, très perspicace)

    - Chérie, tu n'aurais pas dû... (mon père, toujours restrictif)

    - Taisez-vous sinon j'en donne à personne ! (moi)

    Le silence se fit, et tout le monde se vit en train de mastiquer les boules de gomme quelques instants plus tard. Je serrais mon paquet fort contre moi, comme une peluche. Une douce odeur d'eucalyptus se diffusait dans la voiture. Et le voyage continua, avec la même lenteur et la même monotonie. Seule exception, un gros paquet de bonbons. On roula jusqu'a ce que la nuit tombe. Ce fut là le moment de sortir notre arme secrète.


  • Commentaires

    1
    mounette
    Mercredi 6 Mai 2009 à 09:03
    Une histoire de bonbons et de famille, tr?agr?le ?ire. On attend la suite, avec des pr?ms pour les fr?s et soeurs. Je mastiquerai bien une boule de gomme!!
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